Les licences libres pour la fiction : intérêt et impact pour les auteurs et autrices

Intervenant(s) : Lizzie Crowdagger

  • Langue : Français
  • Niveau : Débutant
  • Type d'événement : Conférence
  • Date : Mercredi 5 juillet 2017
  • Horaire : 10h00
  • Durée : 40 minutes
  • Lieu : Room J 106 Partage

Vidéo : https://rmll.ubicast.tv/videos/licences_fiction_85896/

Public cible : Art LibreGrand public

Si certain·e·s auteurs et autrices sont enthousiasmé·e·s par les idées de licences libres, force est de constater que ce n’est pas le cas de tout le monde. Il faut dire que la situation de beaucoup d’auteurs et d’encore plus d’autrices est précaire, et que la perspective que des éditeurs puissent publier une œuvre sans avoir à payer de droits d’auteurs a de quoi inquiéter. De fait, les débats entre « libristes » et « auteurs » (forcément deux camps bien distincts) sont régulièrement houleux et révélateurs de tensions (comme par exemple après la publication de Glénat de la bande dessinée Pepper&Carrot, publiée sous licence libre).

Parallèlement, le monde de l’écriture est en pleine mutation : développement du numérique (certes d’une manière qui chamboule moins le paysage que les évolutions qu’ont connu les domaines de l’audiovisuel), émergence de l’auto-édition et du crowdfunding, popularité des fanfictions... Autant de choses qui rendent moins impensable une conciliation entre licences libres et l’objectif de tirer des revenus de sa plume. Mais, en même temps, qui permettent aussi le développement de technologies pour rendre le lecteur ou la lectrice capti·f·ve et contrôler ses usages.

Au cours de cette conférence, j’aimerais m’interroger (à défaut des réponses tranchées) sur les questions suivantes :

— Est-il pertinent de calquer les idées de licence libre qui sont avec le logiciel sur de l’art ?
— Les licences libres nuisent-elle aux auteurs (individuellement et collectivement) ? Sont-elles du pain béni pour des éditeurs peu scrupuleux ?
— Le développement de l’auto-édition est-elle une force d’émancipation pour les auteurs ? Ou, au contraire, s’inscrit-elle dans une logique d’« ubérisation » ?
— Faut-il encore défendre le fait de pouvoir vivre de l’écriture et d’en faire son métier, à l’heure où tout le monde est devenu créateur ?
— Le libre est-il le premier pas vers la collectivisation des moyens de production, ou simplement une manière pour certains d’exploiter le travail gratuit que d’autres fournissent ?

Lizzie Crowdagger
Lizzie Crowdagger écrit des romans fantastique et de fantasy qui mélangent des éléments sérieux : vampires, sorcellerie, explosions, fusillades, etc., avec des aspects plus légers, comme le féminisme, les questions LGBT ou la lutte des classes.

Deux de ses romans ont été publiés par une maison d’édition : "Enfants de Mars et de Vénus" et "Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)". Elle a aussi auto-édité un certain nombre de textes, et beaucoup sont diffusés sous licence libre diffusés sous licence CC-BY-SA., dont le roman de fantasy "Pas tout à fait des hommes" et le recueil de nouvelles "Sorcières & Zombies".

Elle a aussi contribué de loin à quelques logiciels libres, mais, afin d’éviter que de grandes sociétés capitalistes ne tirent profit de son travail bénévole, elle préfère en général se lancer sur des projets inutiles que personne à part elle n’utilise vraiment, comme un détecteur de répétitions ou un énième convertisseur Markdown.

Site : http://crowdagger.fr