Myslite Artwork

Intervenant(s) : Michel Guerin

  • Langue : Français
  • Niveau : Débutant
  • Type d'événement : nature code exp
  • Date : Lundi 3 juillet 2017
  • Lieu : Hall Telecom
Public cible : Art LibreGeeksGrand publicToute La Semaine

Myslite Artwork est une œuvre qui joue sur différents plans. C’est une installation composée de deux toiles fonctionnant en diptyque : Solomon Guggenheim Museum – Composition 1929 – In Mondrian de John Milner – Edition Phaidon et Composition. Elles sont accompagnées d’un texte retraçant son existence et d’une bande-son disponible sur internet via le lien inclus dans la toile Composition.

Le point de départ de ce travail sont les paroles rapportées du peintre définissant son travail. Elles sont la matière picturale de Composition, et l’essence même du texte accompagnant l’œuvre. La reproduction n’est pas celle qu’on pense : à défaut d’accéder à l’œuvre originale, celle-ci a été réalisée grâce à une photographie tirée d’un livre sur l’artiste par J. Milner. Enfin, Myslite est une entité numérique : elle est ma non-identité, mon utopique échappatoire d’un droit trop strict, d’une justice qui me semble inégale.

Ce travail possède une temporalité qui lui est propre. Myslite finit par disparaître à l’occasion de l’entrée de l’œuvre de P. Mondrian dans le domaine public, et de fait, me redéfinit en tant qu’auteur. C’est donc à ce titre et à travers l’œuvre elle-même que je tente de défendre une redéfinition positive du domaine public.

L’œuvre met en avant le fait que, la France, comme tout autre pays, ne peut moralement pas continuer à revendiquer un trésor national inaliénable sur des œuvres du domaine public, des œuvres communes. N’ont-elles pas vocation à voyager, à s’échanger, être accessible en d’autres lieux pour d’autres personnes ? Rappelons le droit d’accès à la connaissance et de participation à la vie culturelle de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Le texte présent dans l’installation se conclut sur une proposition d’ouverture des collections à la vente, pour financer une création jeune et contemporaine, mais aussi des reproductions du patrimoine. Si l’on considère qu’un tableau aussi important que Le Radeau de la Méduse de T. Géricault est en train de disparaître, pourquoi se priver d’une réédition pour le voir tel qu’il a été conçu par le peintre ?

C’est peut-être cela qu’il manque dans la loi et sa définition de l’œuvre plurale : l’œuvre commune. En s’appuyant sur les propositions d’une définition positive du domaine public, l’œuvre commune serait accessible par tous et pour tout type de travaux, excluant la privatisation, et encourageant la création. Elle représenterait l’antithèse du concept d’originalité et de sa raréfaction artificielle ; une œuvre latente, dont l’histoire enrichit une production future. Penser différemment le domaine public afin de traiter différemment l’œuvre est un des points clés dans la redéfinition sociale, juridique et économique du statut de l’auteur est des devoirs et droit afférents. Repenser le domaine public afin de le sortir de sa situation d’impensé juridique et de lui donner chair : voilà probablement ce qui permettrais de résoudre une partie des écueils juridique et sociaux que l’on connait. Cela passe bien évidemment par un agrandissement du champ et un passage du domaine public aux communs.

Michel Guerin
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